Des origines au 16e siècle

À l’image des villes du Maghreb romain, Icosium subit au 5e siècle les affres de l’invasion vandale qui marque la fin de la domination romaine. Malheureusement, peu de documents témoignant de l’histoire de la ville entre le 5e et le 10e siècle nous sont parvenus.

C’est seulement au 10e siècle que renaît la ville sous la dynastie du prince Ziri Ben Menad (945-971), chef d’une tribu berbère. Son fils, Bologhine, choisit d’installer une nouvelle ville à l’emplacement de l’ancienne Icosium qui prend alors le nom d’El-Djazaïr. Plusieurs raisons semblent l’avoir poussé à choisir ce site : tout d’abord, les facilités maritimes et défensives offertes par les îlots situés à proximité de la côte et, ensuite, la présence des ruines d’Icosium, utilisées pour la construction d’El-Djazaïr. La ville semble avoir assez rapidement prospéré puisque, dès la fin du 11e siècle, des témoignages évoquent une petite cité ceinturée par une muraille, abritant plusieurs souks où se développe un commerce florissant.

Du 11e au 16e siècle, El-Djazaïr connaît la domination de plusieurs dynasties berbères qui se succèdent dans la région : les Hamadites, les Almoravides, les Almohades ou encore les Hafsides.

Au 14e siècle, El-Djazaïr est occupée par la tribu arabe des Thaaliba, originaire de la plaine de la Mitidja, qui parvient habilement à se maintenir pendant les différentes phases d’occupation. Cette tribu donne à la ville son saint patron : Sidi Abderrahmane Thaalibi (1387-1468).

Vieil Alger, Vue de la Ville et de la Rade
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Au 15e siècle, la ville, qui vit du commerce et de la course, compte entre 20 et 30 000 habitants. La médina d’Alger comprend de nombreuses mosquées et zaouïas ainsi qu’une population relativement prospère. Vers 1492, la ville connaît l’arrivée des Morisques, les musulmans chassés d’Espagne, qui participent à son enrichissement culturel et matériel, notamment en renouvelant les savoir-faire artisanaux et l’art local. Toutefois, à cette époque, El-Djazaïr reste une ville de taille modeste qui n’a encore jamais été le siège du pouvoir, d’un royaume. Cette situation va changer avec l’arrivée des Ottomans. L’historien Charles-André Julien indique qu’à la fin du 15e siècle, dans le Maghreb central, “[…] les territoires se morcelèrent, au gré des événements locaux, en une infinité de principautés, de tribus ou de fédérations autonomes, de terres maraboutiques et de ports libres, aux frontières indécises. […] De Djerba au Maroc, les ports formèrent des sortes de républiques organisées pour la course”.
Au même titre que d’autres villes côtières, Alger arme des galères qui parcourent la Méditerranée. C’est vraisemblablement pour lutter contre le phénomène de la course, très contraignant pour les puissances du nord de la Méditerranée, que les Espagnols interviennent au Maghreb et profitent de la désagrégation de l’organisation politique de la région pour lancer une attaque.

Dès le début du 16e siècle, les Espagnols prennent plusieurs villes de la côte algérienne : Mers-el-Kébir (1505), Oran (1509) et Bougie (1510). Alger est également soumise par les Espagnols et ils y construisent une forteresse sur l’îlot situé en face de la ville, Le Penon. Toutefois, le système d’occupation espagnol se limite aux ports conquis, transformés en places fortes et occupés par des garnisons, mais il ne touche pas l’arrière-pays. Cette occupation pousse la ville d’El-Djazaïr à prêter serment d’allégeance au roi Ferdinand-le-Catholique. À la mort du souverain, les Algérois, désireux de briser les liens qui les unissent aux Espagnols, font appel au corsaire Arouj Barberousse pour délivrer la ville.
En 1516, Alger est sous la coupe du corsaire qui étend progressivement son pouvoir sur les régions environnantes. À la mort d’Arouj, c’est son frère Khaïreddine Barberousse qui prend sa suite et qui s’allie à la puissance ottomane pour garder le pouvoir sur la région. Il prête serment de vassalité au sultan Sélim qui lui donne le titre de pacha et le nomme émir des émirs, beylerbey ; toujours placé sous la tutelle du sultan ottoman, le beylerbey a néanmoins autorité sur les pachaliks de Tunisie et de Tripolitaine. Après 1587, l’Algérie est réduite au rang de régence, administrée par un simple pacha.